Commemoration

La célebration des morts

La tradition du Jour des Morts au Michoacán et dans la région du lac Pátzcuaro est considérée comme le modèle rituel le plus authentique et le mieux préservé du Mexique. C’est pourquoi ce rite a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2008, notamment grâce à la richesse de la tradition purépecha. Visiter cette région, c’est non seulement assister à une célébration, mais aussi s’immerger dans la culture vivante de cette tradition mondialement reconnue.

La célébration des morts est l’une des plus pures et des plus diffusées parmi les traditions de notre pays. Son caractère notamment religieux est base sur un mélange complexe de cultures et de traditions. Ce mélange se compose d’une part des croyances et des rituels funèbres de nos ancêtres indigènes, de l’autre, de la liturgie catholique apportée par les conquérants espagnols au XVIème siècle. Enfin, les groupes d’émigrés venus d’Europe, d’Asie, et d’Afrique du XVIème au XXème siècle apportent y leur contribution grâce à leurs rituels de veillée funèbre ainsi que le placement d’autels et d’offrandes dans les maisons et aux cimetières.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, les Purépecha ne célèbrent pas la mort, mais plutôt la continuation de la vie ou « l’au-delà ». Avec cela l’opportunité de coïncider, rencontrer et cohabiter une fois par an ceux de ce monde avec ceux de l’autre déjà partis. C’est pour cette raison que les familles se réunissent pour manger avec leurs proches qui viennent de « l’au-delà » et offrent le meilleur d’eux-mêmes : nourriture, fleurs et décorations.

Ce qui précède vient de la croyance Purépecha selon laquelle lorsque quelqu’un meurt, son corps est enterré, mais son âme continue de vivre et retrouve ses proches morts avant et avec les dieux. De cette autre vie, il peut « revenir » à celle-ci, pour vivre à nouveau avec son peuple et son peuple.

Au Michoacán, la célébration des morts a un caractère solennel. Elle garde un sentiment sincère de respect profond et de vénération aux êtres qui n’existent plus matériellement, mais dont l’esprit habite cette terre et auxquels il faut rendre hommage au moyen d’offrandes. En général, les rituels funèbres que réalisent les habitants des communautés indigènes de l’État gardent leurs anciens fondements. Cependant, l’on peut trouver des variantes d’une communauté à l’autre.

Les visiteurs commencent à arriver dans la nuit du 31 octobre. Ce jour-là, les anges reviennent : c’est-à-dire les âmes des filles et des garçons, ainsi que celles de ceux qui sont morts sans s’être mariés. Le 1er novembre à minuit, les enfants cessent d’arriver et c’est au tour des âmes âgées, elles sont attendues jusqu’au deuxième minuit.

La Nuit des Morts, reflet des migrations : La Fête des Morts est intimement liée à la réalité sociale. Dans de nombreuses communautés purépechas, les offrandes reflètent le phénomène migratoire : il est fréquent de trouver sur les autels non seulement des tamales et de l’atole, mais aussi des dollars, des canettes de bière américaine ou des appareils électroniques. Ces objets rendent hommage aux êtres chers disparus loin de chez eux ou ayant péri en tentant de franchir la frontière. Ils symbolisent l’hommage rendu par la famille à leur mémoire et à la dure réalité de leur vie de migrants, réaffirmant ainsi la persistance des liens malgré la distance et le temps.

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